Emballages : ce que change le nouveau règlement européen pour les entreprises et les consommateurs

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Emballages en carton recyclable avec symboles de recyclage et étiquette QR code

Une nouvelle réglementation européenne s’apprête à bouleverser un objet que nous manipulons chaque jour sans y penser : l'emballage. Le règlement européen sur les emballages et les déchets d'emballages, connu sous le nom de PPWR (Packaging and Packaging Waste Regulation), entre en application directe dans les 27 États membres à partir du 12 août 2026. Contrairement à une directive, ce texte ne nécessite aucune loi de transposition nationale : il s’impose tel quel aux entreprises françaises, dès le lendemain de sa date d’application.

Adopté sous la référence règlement (UE) 2025/40 et entré en vigueur le 11 février 2025, le PPWR a bénéficié d’une période de transition de dix-huit mois avant de devenir pleinement contraignant. L’échéance du 12 août 2026 marque donc la fin de cette période de rodage, avec des conséquences concrètes autant pour les entreprises que pour les consommateurs.

Ce qui change pour les entreprises françaises

Le texte s’applique à toutes les entreprises qui fabriquent, font fabriquer, importent ou distribuent des emballages ou des produits emballés sur le marché européen, quelle que soit leur taille. Une PME qui commercialise des produits alimentaires ou cosmétiques en France est donc concernée au même titre qu’un grand groupe industriel.

  • Chaque unité d'emballage devra porter, à compter du 12 août 2026, un identifiant traçable : étiquette ou marquage type QR code, selon les catégories de produits.
  • Toute entreprise mettant un emballage sur le marché devra pouvoir présenter, sur demande des autorités de surveillance, une déclaration de conformité attestant du respect des exigences du règlement.
  • Les seuils limitant la présence de PFAS (les fameux « polluants éternels ») dans les emballages alimentaires deviennent directement applicables à cette même date.

En France, la mise en musique administrative accuse toutefois un léger retard : à quelques semaines de l’échéance, le ministère de la Transition écologique n’avait pas encore publié le décret d’articulation entre le PPWR et la loi AGEC, qui encadre déjà la gestion des déchets et l’économie circulaire dans l’Hexagone. Le ministère a néanmoins indiqué vouloir préserver l’ensemble du périmètre national compatible avec le règlement européen, et pousser une modulation des filières de responsabilité élargie du producteur (REP) au-delà du strict minimum fixé par Bruxelles.

Et pour les consommateurs ?

Le grand public ne verra pas la bascule du jour au lendemain, mais les effets seront progressivement visibles dans les rayons : étiquetages plus clairs sur la recyclabilité, réduction progressive du suremballage, et généralisation d’identifiants numériques permettant de connaître la composition exacte d’un emballage. Le règlement fixe d’ailleurs des objectifs chiffrés ambitieux pour l’ensemble de la filière, avec un taux de recyclage au poids visé de 65 % avant 2026, puis 70 % en 2030.

Pour les petites entreprises et artisans qui vendent des produits emballés, l’enjeu est double : éviter les sanctions liées à la non-conformité, mais aussi anticiper les coûts de mise à niveau des lignes d'emballage et des systèmes d’étiquetage, souvent sous-estimés par les structures les moins outillées juridiquement.

Pour aller plus loin sur les questions de fiscalité et de vie des entreprises, ou sur les enjeux liés à l’environnement et à la transition écologique, la rubrique Entreprises et services professionnels de Webonews suit régulièrement ces évolutions réglementaires.

Questions fréquentes

Le PPWR s’applique-t-il à toutes les entreprises, même les plus petites ?

Oui. Le règlement ne prévoit pas d’exemption générale liée à la taille de l’entreprise : dès lors qu’une structure fabrique, importe ou distribue des emballages ou des produits emballés sur le marché européen, elle est soumise aux obligations du texte, avec des modalités qui peuvent varier selon les catégories de produits.

Faut-il une loi française pour que le PPWR s’applique ?

Non. Il s’agit d’un règlement européen, directement applicable dans les 27 États membres sans nécessiter de loi de transposition. La France doit néanmoins publier un texte d’articulation avec sa propre législation, la loi AGEC, pour préciser certains points de coordination.

Que risque une entreprise qui ne respecte pas ces nouvelles obligations ?

Les autorités nationales de surveillance du marché peuvent demander à tout moment la déclaration de conformité d’un emballage. Une entreprise incapable de la fournir, ou dont les emballages dépassent les seuils autorisés de PFAS, s’expose à des sanctions dans le cadre des dispositifs de contrôle prévus par chaque État membre.

Sources

Techniques de l’Ingénieur
Citeo
Kohen Avocats