Le grand tétras, oiseau emblématique des forêts de montagne, pourrait bientôt changer officiellement de statut. Le ministère de la Transition écologique a soumis à consultation publique, du 15 juillet au 4 août 2026, un projet d’arrêté visant à retirer ce volatile de la liste des espèces chassables pour l’inscrire parmi les espèces protégées. Une décision qui, si elle est confirmée, mettrait fin à des décennies d’incertitude réglementaire pour l’espèce.
Un statut réglementaire enfin clarifié
Depuis 2022, la chasse au grand tétras faisait déjà l’objet d’un moratoire de cinq ans, imposé par le Conseil d’État face à l’effondrement des populations. Le projet d’arrêté examiné cet été ne se contente pas de prolonger cette suspension temporaire : il vise à transformer la protection en un cadre légal permanent, interdisant strictement la destruction des individus, des nids comme des habitats. Ce texte modifie l’arrêté du 29 octobre 2009 fixant la liste des oiseaux protégés sur l’ensemble du territoire français.
Le grand tétras, aussi surnommé « coq de bruyère », vit exclusivement en zone de montagne, dans les massifs des Pyrénées, du Jura et des Vosges. Ses effectifs reculent depuis plusieurs décennies, sous l’effet combiné de l’exploitation forestière, du dérangement lié à la fréquentation touristique, de la chasse passée et du réchauffement climatique, qui réduit progressivement son habitat naturel d’altitude.
Le lagopède alpin suit la même trajectoire
Le grand tétras n’est pas seul concerné. Le ministère propose parallèlement de classer le lagopède alpin parmi les espèces protégées. Cet oiseau, véritable relique de la dernière ère glaciaire, survit aujourd’hui en populations isolées et fragmentées dans les Alpes et les Pyrénées. Sa dépendance aux milieux froids d’altitude en fait l’une des espèces les plus exposées au changement climatique en France métropolitaine.
Les associations de protection de la nature, à l’image de la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) et de France Nature Environnement (FNE), qualifient cette double proposition d’« avancée historique », après plusieurs années de mobilisation pour alerter sur la fragilité de ces deux espèces montagnardes.
La protection, un outil qui fait ses preuves
Ce dossier s’inscrit dans un constat plus large dressé récemment par le WWF France : lorsqu’une espèce obtient un statut protégé et que des moyens humains, techniques et financiers sont mobilisés autour d’elle, les résultats suivent. Selon cette étude, les populations d’espèces à statut protégé ont progressé en moyenne de 120 % depuis 1990 sur le territoire métropolitain, d’après l’analyse de 248 espèces représentant environ un tiers des quelque 700 vertébrés protégés en France. Le flamant rose de Camargue a ainsi vu sa population multipliée par quatre grâce aux actions de conservation, tandis que le pic noir a progressé de 124 % depuis 2000.
Le tableau reste toutefois contrasté : le même rapport souligne que la biodiversité ordinaire continue de s’effondrer en dehors des dispositifs de protection ciblés, avec par exemple 70 % des haies bocagères disparues et la moitié des zones humides asséchées au niveau national. C’est précisément ce contraste qui justifie, pour les défenseurs du projet, l’urgence d’étendre le statut protégé à des espèces comme le grand tétras et le lagopède alpin avant qu’il ne soit trop tard.
- Consultation publique achevée le 4 août 2026, décision attendue dans les prochaines semaines
- Grand tétras : présent dans les Pyrénées, le Jura et les Vosges
- Lagopède alpin : espèce des Alpes et des Pyrénées, très sensible au réchauffement
- Populations d’espèces protégées : +120 % en moyenne depuis 1990 en France métropolitaine
Pour les randonneurs et amateurs de montagne, ce changement de statut, s’il est confirmé, ne modifiera pas l’accès aux sentiers mais renforcera les obligations de vigilance lors de la traversée de zones sensibles, notamment en période de reproduction. Un sujet qui rejoint les préoccupations plus larges liées à l’écologie et à l’environnement en montagne, où tourisme et conservation doivent apprendre à cohabiter.
Questions fréquentes
Le grand tétras est-il déjà officiellement protégé ?
Pas encore de manière définitive. La consultation publique sur le projet d’arrêté s’est achevée le 4 août 2026 ; la publication officielle du texte final est attendue dans les prochaines semaines.
Pourquoi le grand tétras est-il menacé ?
Ses effectifs déclinent depuis des décennies sous l’effet de l’exploitation forestière, du dérangement humain, de la chasse passée et du réchauffement climatique, qui grignote son habitat d’altitude.
Est-ce que d’autres espèces bénéficient d’une protection renforcée en France ?
Oui : selon le WWF France, les populations d’espèces à statut protégé ont progressé de 120 % en moyenne depuis 1990, preuve que les dispositifs de conservation ciblés, quand ils sont maintenus dans la durée, produisent des résultats mesurables.
Ce dossier illustre une tendance de fond : face au recul généralisé de la biodiversité, la France mise de plus en plus sur des statuts de protection ciblés pour sauver les espèces les plus vulnérables. De quoi nourrir la réflexion sur les astuces et conseils à adopter pour préserver la faune locale, un enjeu qui concerne aussi la vie de famille et société dans les territoires de montagne.
Sources
- LPO — Grand Tétras, une protection définitive avant le 4 août
- Gossement Avocats — Le Grand Tétras en consultation publique
- Franceinfo — Le rapport du WWF sur la biodiversité française
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale

