Le costume-cravate pressé dans les couloirs d'embarquement se fait plus rare. Selon la dernière enquête nationale sur les passagers aériens de la DGAC, la part des voyageurs professionnels parmi l’ensemble des passagers est tombée à 17 % en 2025, contre 19 % un an plus tôt et 28 % lors de l’enquête de référence 2015-2016. En une décennie, le poids du voyage d’affaires dans le trafic aérien a donc presque diminué de moitié.
Un basculement confirmé par les chiffres officiels
Cette tendance n’est pas une impression : elle est documentée par l’autorité de l’aviation civile elle-même. Plusieurs facteurs se conjuguent pour l’expliquer. La généralisation de la visioconférence, désormais installée dans les habitudes depuis la crise sanitaire, a rendu superflus de nombreux déplacements ponctuels. Les politiques de sobriété budgétaire et environnementale des directions financières poussent aussi à arbitrer chaque trajet plutôt qu’à le considérer comme allant de soi. Sur les liaisons de courte et moyenne distance, le train s’impose de plus en plus souvent comme l’alternative naturelle, notamment sur les axes les mieux desservis du réseau européen.
Pourquoi les cadres boudent l’avion
- Essor durable de la visioconférence pour les réunions internes et certains rendez-vous commerciaux
- Politiques internes de réduction de l'empreinte carbone des entreprises de services
- Concurrence du train à grande vitesse sur les trajets européens de moins de 4 heures
- Rationalisation des budgets de déplacement dans un contexte économique tendu
Une mobilité qui se réinvente, plus qu’elle ne disparaît
Le paradoxe est réel : alors que la proportion de voyageurs d’affaires recule dans les aéroports, le volume global des déplacements professionnels internationaux, lui, ne s’effondre pas. Les données du secteur évoquent même une croissance de l’ordre de 2,6 % au premier semestre pour les déplacements internationaux, portée notamment par l’Europe. L’explication tient à un changement de nature plus qu’à une disparition : les entreprises voyagent différemment. Une enquête sectorielle récente indique que 43 % des voyageurs d’affaires placent désormais le confort avant le budget dans leurs critères de choix, signe que chaque déplacement restant est davantage soigné, mieux préparé et jugé plus stratégique qu’auparavant.
Pour les entreprises de services aux professionnels, notamment les agences de voyages d’affaires et les directions achats, ce basculement implique de revoir en profondeur les politiques de déplacement plutôt que de simplement en réduire le nombre.
Ce que ça change pour les entreprises
Ce mouvement s’inscrit dans un climat économique plus large où les difficultés des entreprises pèsent déjà sur les arbitrages budgétaires, et où chaque poste de dépense est scruté de près. Les directions générales qui ont participé récemment à la rentrée des entrepreneurs à Roland-Garros ont d’ailleurs largement évoqué ce sujet, entre maîtrise des coûts et exigences de sobriété. Un parallèle peut aussi être fait avec d’autres obligations administratives récentes imposées aux entreprises, comme la généralisation de la facturation électronique : dans les deux cas, les services professionnels doivent adapter rapidement leurs outils et leurs process.
- Réévaluer la politique de déplacement pour distinguer trajets indispensables et trajets substituables
- Encourager le train sur les liaisons européennes courtes quand c’est pertinent
- Investir dans des outils de visioconférence performants pour limiter les déplacements de routine
- Négocier des conditions de confort plutôt que viser uniquement le tarif le plus bas
Questions fréquentes
La baisse des voyageurs d’affaires en avion est-elle continue depuis dix ans ?
Oui, selon la DGAC, la part des passagers professionnels a régulièrement reculé, passant de 28 % en 2015-2016 à 19 % en 2024 puis 17 % en 2025.
Le volume total de déplacements professionnels diminue-t-il vraiment ?
Pas nécessairement : les données sectorielles font état d’une croissance des déplacements internationaux sur la période récente, ce qui traduit une sélection plus fine des trajets plutôt qu’un désengagement généralisé.
Quelles alternatives les entreprises privilégient-elles à l’avion ?
Le train à grande vitesse pour les trajets courts et moyens, ainsi que la visioconférence pour les échanges qui ne nécessitent pas de présence physique, sont les deux options les plus citées par les professionnels du secteur.
Sources :
- Direction générale de l’Aviation civile (DGAC) — Enquête nationale des passagers aériens
- Voyages-d-affaires.com — Les voyageurs d’affaires moins présents dans les avions selon la DGAC
- GPO Magazine — 8 tendances du voyage d’affaires
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale

