Paris médiéval

Le développement et l’affirmation de la religion chrétienne seront le moteur d’une nouvelle évolution politique, sociale et urbaine.

Le premier évêque et martyr de Paris fut Saint Denis, décapité lors de la persécution des chrétiens par les Romains. Si vous vous promenez dans les rues de Paris, vous tomberez sûrement sur une représentation de Saint Denis : il est toujours représenté tenant la tête décapitée dans ses mains, en souvenir du martyre qu’il a subi.

La légende raconte qu’après avoir été décapité sur la colline de Montmartre, l’évêque martyr a marché pendant environ six kilomètres jusqu’à l’endroit où se trouve actuellement la basilique de Saint-Denis, premier exemple d’un édifice de style gothique qui conserve encore les restes du saint. C’est un lieu emblématique de l’histoire de France et de sa monarchie, car outre les reliques du saint auquel l’église est dédiée, la basilique Saint-Denis a également abrité au fil du temps la nécropole royale, du roi franc Dagobert à Louis XVIII.

En 507 après J.C. Paris a pris le rôle de capitale grâce à Clovis, roi de la dynastie mérovingienne, né païen et converti au christianisme. La ville a vu l’apparition de plusieurs églises de style protochrétien qui ne nous sont malheureusement pas parvenues, en grande partie détruites par les incursions normandes au IXe siècle.

Au Moyen Age, nous assistons à l’essor d’une série de bâtiments construits dans un nouveau style, né dans la région parisienne : le gothique. Parmi eux, Notre Dame, la cathédrale la plus célèbre et la plus connue au monde, rendue célèbre par le roman de Victor Hugo Notre Dame de Paris. La Sainte Chapelle, un joyau de style gothique rayonnant, a été construite au XIIIe siècle par Saint Louis de France pour abriter les reliques sacrées, dont la précieuse couronne d’épines de Jésus. Enfin, la première construction du Louvre remonte à cette époque, une ancienne fortification qui, plusieurs siècles plus tard, est devenue l’un des plus grands et des plus importants musées du monde. Une visite du musée du Louvre vous permettra de retracer les anciens fossés de la forteresse et les vestiges du grand donjon ou donjon qui en sont sortis.

Si d’un côté le Moyen Age a donné à Paris de grandes œuvres architecturales, de l’autre, et en particulier à la fin du Moyen Age, la ville est devenue le théâtre de la tristement célèbre guerre de Cent ans entre l’Angleterre et la France. Tout le monde ne sait pas que la ville de Paris a été occupée pendant une courte période par l’Angleterre avant que le roi Charles VII, qui est monté sur le trône grâce à l’aide et à l’audace de Jeanne d’Arc, ne la libère.

De la Renaissance aux guerres de religion

Au début de la Renaissance, la ville de Paris est divisée en trois zones distinctes. La première correspond à la ville commerçante et prospère des rives de la Droite, où se trouve le Louvre, qui n’est plus une forteresse militaire, mais un palais qui accueille le roi et sa cour loin des problèmes de Plombier Paris. Au centre, il y a l’île de la Cité, un point spirituel et religieux avec la cathédrale Notre Dame, et enfin, sur la rive gauche, on trouve le quartier intellectuel du Quartier Latin avec l’Université de la Sorbonne. D’un point de vue urbanistique, Paris était à l’époque une ville caractérisée par des rues étroites et de hautes maisons à colombages appelées colombages, héritage du Moyen Âge. Les gens passaient d’un côté à l’autre de la ville grâce à quatre grands ponts en bois qui avaient des maisons, un peu comme le Ponte Vecchio à Florence ou le Rialto à Venise.

Ce Paris a connu les premières grandes transformations urbaines sous le règne d’Henri IV (1589-1610), fondateur de la dernière dynastie des rois de France, les Bourbons. À la fin du XVIe siècle, Paris a été le théâtre de grands affrontements et de guerres de religion entre catholiques et protestants français (les huguenots), dont le célèbre massacre de la nuit de la Saint-Barthélemy le 24 août 1572. À l’occasion du mariage entre Henri de Navarre – le futur Henri IV – et Marguerite de Valois, tous les chefs huguenots qui se trouvaient à Paris pour célébrer le mariage de la souveraine ont été assassinés par la faction catholique. C’est un véritable bain de sang et le futur roi Henri IV, survivant des événements, pense bien à se convertir au catholicisme pour se calmer et se faire accepter par tous les Français. On lui attribue d’ailleurs la célèbre phrase “Paris vaut une messe”. C’est à Henri IV, entre autres, que l’on doit la fabuleuse Place Royale, aujourd’hui connue sous le nom de Place des Vosges, la plus ancienne place monumentale de Paris. Sous son règne, de grandes œuvres ont également été réalisées au Louvre, en particulier le bâtiment de la Grande Galerie construit le long de la Seine, qui abrite aujourd’hui la belle collection de peintures italiennes et le célèbre Pont Neuf, une grande œuvre de style Renaissance achevée en 1607, le premier pont construit sans maisons au-dessus.

Le Paris du Roi Soleil

Le grand protagoniste du XVIIe siècle est le neveu d’Henri IV de Bourbon, Louis XIV, un roi que nous connaissons tous bien et dont le règne, qui a duré 72 ans, a été le plus prospère et le plus long de la monarchie française.

Louis le Grand, qui est entré dans l’histoire de Paris sous le nom de Roi Soleil, a réussi à faire de la France la puissance la plus respectée d’Europe, devenant l’arbitre de la politique internationale. Le Soleil, l’étoile autour de laquelle tournent les planètes et dont on retrouve l’emblème sur tous les bâtiments que le roi avait construits, représentait bien l’absolutisme et la centralité du pouvoir de Louis XIV : tout devait tourner autour de sa personne. À partir de la seconde moitié du XVIIe siècle, Louis XIV fait construire un palais en dehors de Paris, à Versailles, qui sera sa résidence principale. Au cours de sa vie, Louis XIV ne se rendit à Paris que très peu de fois, uniquement à l’occasion de cérémonies officielles, contrariant ainsi les Parisiens qui n’appréciaient pas ses réticences.

De l’époque du règne de Louis XIV à Paris, on peut encore admirer l’architecture imposante et élégante de la place Vendôme construite par l’architecte Jules Harduin Mansart dans un style classique pur, ainsi que la place des Victoires, toutes deux dédiées au Roi Soleil. Une autre grande réalisation est la colonnade du Louvre, conçue par Claude Perrault, et l’Institut de France, conçu par le grand architecte de Versailles, Louis Le Vau. En outre, les jardins des Tuileries, un bel exemple de jardin à la française, ainsi que le célèbre hôpital de la Pitié Salpétrière et l’Observatoire de Paris, ou encore les Invalides, un complexe qui a débuté comme hôpital militaire et qui abrite aujourd’hui le musée de l’armée. À l’intérieur du complexe des Invalides se trouve l’église Saint-Louis des Français, également construite par Jules Hardouin Mansart, qui abrite le tombeau grandiose et monumental de Napoléon Bonaparte, enterré ici lorsque sa dépouille a été ramenée de l’île de Sainte-Hélène, respectant ses dernières volontés et son testament : “Je souhaite que mes cendres reposent sur les rives de la Seine, près des Français que j’ai tant aimés”.