Depuis le 1er juillet, l’achat en ligne de petits colis venus hors de l’Union européenne coûte plus cher. Un nouveau droit de douane forfaitaire s’applique désormais à chaque colis de moins de 150 euros importé de pays tiers, et les plateformes comme Shein, Temu ou AliExpress en ressentent déjà les effets. Selon plusieurs études publiées ces derniers jours, les volumes d’achats sur ces sites ont nettement reculé, un signal fort pour tout le secteur du commerce en ligne.
Un droit de douane forfaitaire de 3 euros par catégorie d’article
Le mécanisme, entré en vigueur le 1er juillet, prévoit un droit fixe de 3 euros par catégorie tarifaire d’articles contenus dans un colis dont la valeur ne dépasse pas 150 euros. Concrètement, un colis regroupant plusieurs types de produits peut être taxé plusieurs fois, une fois par catégorie douanière représentée. Ce dispositif européen transitoire, qui doit s’appliquer jusqu’en juillet 2028, prend le relais d’une taxe française de 2 euros par article, en vigueur depuis le 1er mars et suspendue au moment du basculement vers la règle communautaire.
L’objectif affiché par les autorités est de rétablir une forme d’équité concurrentielle entre les vendeurs extra-européens, jusque-là dispensés de droits de douane sous le seuil des 150 euros, et les boutiques en ligne établies dans l’Union européenne, soumises à des obligations plus strictes.
Des volumes d’achats en net repli sur les plateformes low-cost
Une étude menée en juin et juillet sur un panel de 1,5 million de consommateurs montre un effet immédiat sur les habitudes d’achat. Les volumes de commandes ont chuté de 50 % sur Temu, de 43 % sur DHGate, de 37 % sur AliExpress et de 15 % sur Shein. D’autres analyses évoquent, plus globalement, un repli des importations de petits colis de l’ordre de 30 à 40 % sur la période.
Cette tendance s’observe alors que ces plateformes s’étaient imposées ces dernières années comme des références du shopping à petit prix, en particulier pour l’habillement et les petits accessoires. La hausse mécanique des prix, liée au nouveau droit de douane, semble avoir freiné une partie des acheteurs les plus sensibles au tarif final affiché.
Qui doit payer cette nouvelle taxe ?
Dans la majorité des cas, ce sont les plateformes de vente en ligne elles-mêmes qui s’acquittent du droit forfaitaire auprès des douanes, avant de le répercuter sur le prix final payé par le client. Ce montant s’ajoute à la TVA de 20 % déjà appliquée sur ces achats depuis 2021. Les professionnels qui vendent en ligne des produits importés de pays tiers doivent également adapter leurs déclarations, notamment via la procédure simplifiée dite « H7 ».
- 3 € par catégorie tarifaire, pour tout colis extra-UE de moins de 150 €
- Mesure transitoire applicable jusqu’en juillet 2028
- S’ajoute à la TVA de 20 % déjà en vigueur
- Remplace la taxe française de 2 € par article, suspendue au 1er juillet
Pour les entreprises qui commercialisent des produits en ligne vers la France, la vigilance porte aussi sur l'emballage et la logistique, un sujet qui recoupe d’ailleurs le nouveau règlement européen sur les emballages entré en application cet été.
Vers une accélération de la vente en ligne responsable ?
Pour les acteurs français et européens du commerce en ligne, cette évolution est plutôt bien accueillie : elle réduit l’écart de compétitivité avec des plateformes qui pratiquaient des prix très agressifs. Plusieurs fédérations professionnelles y voient une occasion de renforcer la visibilité des enseignes locales, notamment dans les secteurs de la mode et des accessoires du quotidien. Reste à savoir si la baisse des commandes extra-UE observée cet été se confirmera dans la durée, une fois les habitudes de consommation stabilisées autour de ces nouveaux tarifs.
Les autorités économiques, de leur côté, suivront de près l’impact sur les recettes douanières et sur l’évolution plus large de la consommation en ligne des ménages français.
Questions fréquentes
Tous les colis venus hors de l’UE sont-ils concernés ?
Le droit forfaitaire s’applique aux colis d’une valeur inférieure à 150 euros importés de pays situés hors de l’Union européenne, quelle que soit la plateforme d’achat.
Le prix affiché au moment de l’achat inclut-il déjà cette taxe ?
Cela dépend des plateformes : certaines l’intègrent directement au prix final, d’autres l’ajoutent au moment de la livraison. Il est recommandé de vérifier le récapitulatif de commande avant de valider un achat.
Cette taxe est-elle définitive ?
Non, il s’agit d’une mesure transitoire, prévue pour s’appliquer jusqu’en juillet 2028, en attendant une réforme plus large des règles douanières européennes sur les petits envois.
Sources
- Les Echos — effets de la taxe européenne sur les petits colis
- Toute l’Europe — présentation du droit de douane européen de 3 euros
- economie.gouv.fr — informations officielles sur la taxe sur les petits colis
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale

