Deux décrets publiés au Journal officiel le 31 juillet 2026 viennent modifier le calcul des trimestres de retraite liés aux enfants. Ils visent à corriger certains effets de la réforme des retraites de 2023 qui pénalisaient en particulier les mères de famille et les femmes fonctionnaires. Ces nouvelles règles entrent en vigueur le 1er septembre 2026.
Une correction issue du conclave social de l’été 2025
Ces deux textes découlent des travaux menés lors du conclave sur les retraites organisé à l’été 2025, puis traduits dans la loi de financement de la sécurité sociale. Le constat de départ était simple : les majorations de durée d’assurance accordées pour les enfants n’étaient, jusqu’ici, pas toujours prises en compte dans le calcul de l’âge de départ anticipé pour carrière longue. Résultat, de nombreuses mères ayant élevé plusieurs enfants ne bénéficiaient pas pleinement de ces trimestres au moment de faire valoir leurs droits à un départ anticipé.
Ce qui change pour les trimestres « enfants »
À compter du 1er septembre 2026, jusqu’à deux trimestres accordés au titre des enfants pourront être comptabilisés comme des trimestres réputés cotisés, et ce quel que soit le nombre d’enfants du foyer. Concrètement, cela rapproche mécaniquement une partie des mères de famille de l’âge d’ouverture des droits pour carrière longue, un dispositif jusqu’alors difficile d’accès pour celles ayant interrompu ou réduit leur activité après une naissance.
- Prise en compte élargie des trimestres pour enfants dans le calcul de la carrière longue
- Mesure applicable quel que soit le nombre d’enfants du foyer
- Entrée en vigueur fixée au 1er septembre 2026
Une mesure spécifique pour les femmes fonctionnaires
Un second décret, le décret n° 2026-699, cible plus particulièrement les femmes de la fonction publique territoriale et hospitalière affiliées à la CNRACL. Il instaure une nouvelle majoration d’un trimestre par enfant pour les agentes ayant accouché. Pour les femmes fonctionnaires de l’État ayant accouché après le 1er janvier 2004, le texte prévoit par ailleurs deux trimestres de majoration de durée d’assurance auxquels s’ajoute un trimestre de bonification en durée liquidable par enfant, selon les précisions apportées par le Service des retraites de l’État.
L’objectif affiché par le ministère du Travail est de réduire les écarts constatés entre femmes et hommes dans l’accès à la retraite anticipée au sein de la fonction publique, un secteur où ces inégalités restaient particulièrement marquées.
Une réforme de 2023 partiellement corrigée, pas suspendue
Ces décrets ne remettent pas en cause l’âge légal de départ à la retraite ni la durée de cotisation issus de la réforme de 2023 : ils en ajustent certains effets jugés pénalisants pour les parents, et pour les mères en particulier. Les nouvelles règles s’appliqueront aux liquidations de pension intervenant à partir du 1er septembre 2026, sans effet rétroactif sur les départs déjà effectués.
Pour les futures retraitées concernées, la vigilance reste de mise : les caisses de retraite (régime général, CNRACL, régime de l’État) appliquent chacune ces nouvelles règles selon leurs propres modalités de calcul, qu’il convient de vérifier au moment de la demande de départ.
Questions fréquentes
Qui est concerné par ces nouveaux décrets sur la retraite ?
Les mères de famille relevant du régime général et les femmes fonctionnaires affiliées à la CNRACL ou au régime de l’État, dès lors qu’elles ont eu au moins un enfant et envisagent un départ anticipé pour carrière longue.
Depuis quand ces mesures s’appliquent-elles ?
Les deux décrets ont été publiés au Journal officiel le 31 juillet 2026, mais leurs dispositions ne prennent effet qu’à partir du 1er septembre 2026, pour les liquidations de pension intervenant à compter de cette date.
Ces décrets suspendent-ils la réforme des retraites de 2023 ?
Non. Ils ne modifient ni l’âge légal de départ ni la durée de cotisation issus de la réforme de 2023 : ils corrigent uniquement la façon dont certains trimestres liés aux enfants sont pris en compte dans le calcul des droits.
Ces ajustements réglementaires s’inscrivent dans un débat plus large sur l’équilibre du système de retraite et sur la place des questions de parentalité dans le calcul des pensions, un sujet qui reste suivi de près par les partenaires sociaux comme par le monde de l’économie et de la finance. Il s’inscrit aussi dans les évolutions plus générales touchant la famille et la société, et dans l’actualité politique de la rentrée 2026.

